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Palestine — Lutte pour l'autodétermination

PalestineMoyen-OrientDepuis 1948

Le peuple palestinien mène une lutte continue pour son autodétermination et la fin de l'occupation israélienne, dans un contexte de colonisation de peuplement qui perdure depuis 1948.

La lutte du peuple palestinien pour son autodétermination s'inscrit dans un processus historique complexe, marqué par l'émergence de projets nationaux concurrents sur une même terre. À la fin du XIXe siècle, la Palestine, alors partie intégrante de l'Empire ottoman, voit naître les prémices du nationalisme arabe en même temps que le projet sioniste prend forme en Europe. Ce dernier, visant à établir un foyer national pour le peuple juif en Palestine, se concrétise avec le soutien de la Grande-Bretagne qui, par la Déclaration Balfour de 1917, promet son appui à cette entreprise, sans tenir compte des aspirations de la population arabe autochtone, alors largement majoritaire. Cette promesse jette les bases d'un conflit qui perdure jusqu'à aujourd'hui, enracinant l'idée d'une dépossession pour les Palestiniens.

Le Mandat britannique sur la Palestine, instauré en 1920 par la Société des Nations, exacerbe les tensions. Durant cette période, l'immigration juive s'intensifie, encouragée par le mouvement sioniste, tandis que la résistance palestinienne s'organise face à ce qu'elle perçoit comme une colonisation de son territoire. Des révoltes éclatent, notamment la grande révolte arabe de 1936-1939, durement réprimée par les autorités britanniques. L'incapacité de la puissance mandataire à concilier les deux projets nationaux la conduit à remettre le sort de la Palestine aux mains des Nations Unies nouvellement créées. En 1947, l'ONU adopte la résolution 181, qui préconise le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe, avec un statut international pour Jérusalem. Ce plan est accepté par les dirigeants sionistes mais catégoriquement refusé par les dirigeants arabes et palestiniens, qui y voient une violation de leur droit à l'autodétermination.

La proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948 et la guerre qui s'ensuit marquent un tournant tragique. Pour les Palestiniens, cet événement est connu sous le nom de Nakba (la « catastrophe »). Le conflit entraîne l'exode forcé de plus de 750 000 Palestiniens, qui deviennent des réfugiés, et la destruction de centaines de leurs villages. Israël prend le contrôle de 78 % du territoire de la Palestine mandataire, bien au-delà de ce que prévoyait le plan de partage. Cet acte fondateur de dépossession et d'exil constitue le cœur de la mémoire collective palestinienne et le point de départ d'une lutte prolongée pour le retour et la reconnaissance de leurs droits nationaux.

La situation actuelle demeure caractérisée par une occupation militaire israélienne qui dure depuis la guerre de 1967. La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est fragmentée par les colonies israéliennes, dont l'expansion continue est jugée illégale au regard du droit international et constitue un obstacle majeur à la création d'un État palestinien viable et contigu. Ces colonies, reliées par un réseau de routes réservées, créent une réalité d'annexion de facto, sapant les fondements de la solution à deux États. La bande de Gaza, quant à elle, subit un blocus terrestre, aérien et maritime quasi total depuis 2007, après la prise de pouvoir par le Hamas. Cette politique d'isolement a des conséquences humanitaires catastrophiques pour les deux millions d'habitants, avec un accès limité à l'eau, à l'électricité et aux soins de santé, et une économie en ruines.

Les enjeux contemporains sont multiples et interconnectés. La question de Jérusalem-Est, annexée unilatéralement par Israël qui la considère comme sa capitale « éternelle et indivisible », reste l'un des points les plus épineux du conflit. Les Palestiniens, quant à eux, revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État. Le sort de millions de réfugiés palestiniens, descendants de ceux qui ont été expulsés en 1948, et leur droit au retour, tel que stipulé par la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU, demeure une revendication centrale et non résolue. L'ensemble de ces éléments dessine les contours d'un régime que de nombreuses organisations de défense des droits humains, tant palestiniennes qu'israéliennes et internationales, qualifient d'apartheid, en raison de la discrimination institutionnalisée et de l'oppression systématique du peuple palestinien.

Face à cette situation, la résistance palestinienne s'incarne dans une pluralité d'acteurs et de stratégies. Historiquement, l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah, a été le principal représentant politique du peuple palestinien sur la scène internationale, menant la lutte armée avant de s'engager dans un processus de négociation avec Israël dans les années 1990. Aujourd'hui, l'Autorité palestinienne, issue des accords d'Oslo, exerce un contrôle administratif limité sur certaines parties de la Cisjordanie. À ses côtés, des mouvements politiques comme le Hamas et le Jihad islamique prônent une ligne de résistance plus dure, incluant la lutte armée. Au-delà des organisations politiques, la société civile palestinienne joue un rôle crucial, déployant un large éventail de formes de résistance non-violente : manifestations populaires hebdomadaires contre le mur et les colonies, campagnes de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) visant à faire pression sur Israël, et un foisonnement d'initiatives culturelles et artistiques qui affirment l'identité et l'existence palestiniennes.

Les perspectives d'avenir pour la Palestine sont assombries par de nombreux défis. La solution à deux États, longtemps considérée comme le cadre privilégié pour résoudre le conflit, apparaît de plus en plus compromise par l'expansion continue des colonies israéliennes et l'absence de volonté politique. L'impasse du processus de paix, conjuguée à la fragmentation politique et géographique des territoires palestiniens, alimente un sentiment de désespoir, en particulier chez les jeunes générations. Les divisions internes entre le Fatah, qui gouverne en Cisjordanie, et le Hamas, au pouvoir à Gaza, affaiblissent davantage la cause palestinienne. Dans ce contexte, de nouvelles réflexions émergent, explorant des alternatives à la solution à deux États, comme un État binational unique garantissant des droits égaux pour tous ses citoyens. Cependant, la réalisation de l'autodétermination du peuple palestinien, quelle qu'en soit la forme, reste conditionnée par la fin de l'occupation et la reconnaissance de ses droits fondamentaux par la communauté internationale, qui peine à traduire ses déclarations de principe en actions contraignantes.

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